|
Contact
le
Répertoire
présenté
Pourquoi le
Répertoire
TRANSMISSION
François
Chaignaud
Cécilia
Bengoléa
Lénio
Kakléa
Enora
Rivière
Mickaël
Phelippeau
DANSES
LIBRES
Visibilité
du répertoire
Avec des danseurs :
Photos
de Laurent Pailler
Ce
que dit la presse
LIEUX
Le
Quartz de Brest
Théâtre
de Vanves
Auditorium de
Laon
CNDC
d'Angers
Festival
d'Uzès
Imaginez
Maintenant Toulouse
Paris
: Ménagerie de Verre
La
Rochelle
Pour comprendre la Danse
Libre
DOCUMENTS
DVD
"La Danse Libre de
Malkovsky"
Ce DVD
multilingue
(Vidéo et ROM) fait revivre l'uvre
et le style du chorégraphe
français d'origine thèque
François Malkovsky (1889-1982), continuateur
d'Isadora Duncan
et précurseur de la danse moderne
DVD
"Malkovsky par
lui-même"
Ce
DVD fait
revivre Malkovsky enseignant, dansant dans son studio
à Paris en 1965.
"Philosophie
du geste"
"La
Danse de Malkovsky
à
travers la notation Laban"

Lénio
Kaklea

Cécilia
Bengolea

Mickaël
Phelippeau

Suzanne
Bodak

avec François
Chaignaud

Dans le Parc du Duché :
Esterhazy
FESTIVAL
DES INACCOUTUMÉS
Cecilia
Bengolea, François Chaignaud
Hydra
30 novembre-01
décembre 2010
Paris 11e. Ménagerie de verre
La pièce Hydra,
conçue spécialement pour l'espace de la
Ménagerie de verre, réactualise, dans une
version libre et colorée, des danses oubliées
de l'après-guerre.
Horaire: 20h
Durée: 50 minutes
Concepteurs du projet et interprètes :
François Chaignaud, Cécilia Bengolea
Interprète, transmission : Suzanne Bodak
Interprètes : Lenio Kaklea, Mickaël
Phelippeau
Piano : Alexandre Bodak
Lumière et son : Erik Houlier
A partir de leur
projet Danses Libres, François Chaignaud et
Cécilia Bengolea inventent spécialement pour
l'espace de la Ménagerie de verre, Hydra, une version
colorisée de leur récital. Le Off devient ici
une île utopique et méconnue où ces
danses oubliées de l'entre deux guerres retrouvent
des couleurs et une intensité actuelles et
troublantes.
À lire
dans Danzine.fr
l'article de Nicolas Villodre
spectacle de la Ménagerie de
Verre 2010:
http://www.danzine.fr/François-Chaignaud-Cecilia
Article de
Delphine Goater
La Scène Danse 2010
Hydra (Paris) http://www.resmusica.com/article_8804_scene_danse_
hydra_paris_kitchissime_.html

|
|
|
LES
ANTIPODES Quartz de
Brest
les 11 et 12
mars 2010
OUEST
FRANCE 15 mars
Danses Libres,
le cadeau de Malkovsky
Suzanne et
Alexandre Bodak ont transmis à Cecilia
Bengolea et François Chaignaud le
répertoire du chorégraphe
méconnu.
« Quand
Cecilia Bengolea et François Chaignaud m'ont
rencontrée pour me faire part de leur
intérêt envers le répertoire de
François Malkovsky, j'ai pensé :
c'est un miracle ! Ils m'ont fait le plus beau
cadeau de ma vie! »
Pendant des
années, Suzanne Bodak a uvré,
dans l'ombre, à la transmission des
chorégraphies de Malkovsky (1889-1982). Un
répertoire composé de danses
très brèves, sur tout des soli ou des
duos, liées à - un thème ou
une expression (La Mer,Jeunesse, Phanson matinale)
et accompagnées au piano, sur des musiques
de Chopin, Schubert, Debussy, Brahms,
Dvorak...
Une danse
d'utopie
Institutrice,
Suzanne Bodak a travaillé quotidiennement
pendant cinq ans avec Malkovsky. Son époux,
Alexandre Bodak, médecin, fut aussi le
pianiste de Malkovsky pendant plus de vingt ans.
Leur connaissance et leur analyse de la danse libre
les ont conduits aux Antipodes.
Au studio de danse,
lieu idéal et dépouillé, la
présentation du répertoire de
Malkovsy, qui prit parti pour la grande danseuse
libre Isadora Duncan, fut, pour le public, une
expé-rience intense et émouvante. ~~
C'est une danse d'utopie, qui fait du bien aux
gens, ~ résumait Suzanne Bodak.
« La plus
grande élégance est la plus grande
simplicité », disait Malkovsky.
Sur scène,
l'apparition de son élève Suzanne
Bodak, magistrale et idéale, donnait corps
aux propos du maître. Au piano, Alexandre
Bodak épousait parfaitement les élans
des danseurs.
Évolutîon
organique
Ravissante Danse
avec voile, interprétée gracieusement
par le jeune danseur Mickaël Phelippeau.
Expressive Lenio Kaklea, jeune danseuse grecque,
qui rejoignait, dans cette recherche du «sens
des gestes »,Cecilia et François, dont
elle était l'interprète dans
Sylphides.
Avec cette
deuxième création, si réussie,
Cecilia Bengolea et François Chaignaud ont
une nouvelle fois montré leur
capacité « à se jeter dans
l'inconnu ».
Du mémorable
Pâquerette, où ils s'interrogeaient
sur leur idéal sexuel, à Danses
Libres, où leurs corps contemporains «
idéalisent un mouvement naturel et sans
entrave », les deux artistes associés
du Quartz semblent faire le grand
écart:
« Certes, nous
ne voulons pas être catalogués ni
reproduire les mêmes formules et les
mêmes recettes, souligne Cecilia Bengolea.
Mais de création en création, se
dégage ce-pendant une suite logique. Celle
de notre évolution organique.
»
Frédérique
Guiziou
Pour "Danses
Libres", création Antipodes 2010, les deux
artistes associés au Quartz,
Cecilia
Bengolea et François Chaignaud ont
découvert « grisés» le
répertoire de François Malkovsky,
basé sur le rythme universel du
balancier.
|
|
Les Trois
Coups
Dimanche
14 mars 2010
Danses
libres : chorégraphies de François
Malkovsky (1889-1982), création, Le Quartz
àBrest
Danse
libre : ludique et enjouée
Danses
libres est un spectacle à voir sous l'angle
double de la représentation et de la
démarche de conservation historique. La
danse libre est en effet un concept inventé
dans les années 1920 par François
Malkovsky, et qui s'oppose aux contraintes de la
danse classique et de ses codes d'entrave du corps.
En ressort une esthétique en lien avec les
éléments, la nature, la jeunesse, et
qui souligne la joie et l'expressivité
corporelle. La rencontre de Malkovsky avec la
danseuse Isadora Duncan avait contribué
à cette recherche du geste libre,
déjà influencée par l'analyse
des mouvements instinctifs des animaux.
Ce style,
composé de formes chorales et
nécessitant d' être transmis par un
initié, est à l'origine de la danse
moderne. Il était ici revisité de la
manière la plus fidèle qui soit par
quelques jeunes interprètes qui se sont
formés pour l'occasion auprès de
Suzanne Bodak, une héritière de ce
courant. Parmi eux, François Chaignaud et
Cecilia Bengolea, artistes associés au
Quartz et très présents dans les
différentes créations
présentées aux Antipodes. Par ces
expérimentations, ils poursuivent leurs
recherches de ce que peut être un corps
dansant tout en redonnant de la visibilité
à un courant esthétique très
peu exploité dans les uvres
actuelles.
En danse
libre, la justesse du mouvement se ressent par le
bien- être qu'il procure. Et ce
bien-être est ici totalement partagé
par le public, qui assiste à une
chorégraphie ludique, très
communicative dans sa simplicité et sa
vocation de retour au naturel. Ce récital
d'une quinzaine de pièces, qui furent
créées entre 1922 et 1948,
possède un charme kitsch
insoupçonné, rehaussé par la
fidélité aux costumes d'origine : des
tuniques de fausse inspiration antique. Au son de
Beethoven, Chopin, Schubert ou Brahms, les
différents danseurs se sont donc
succédé avec brio, gardant telle
quelle la naïveté des mouvements, leur
coloration désuète mais pleine
d'énergie.
Il aurait
été dommage de chercher à -
moderniser - ces gestes, si particuliers et
tombés dans un quasi-oubli, alors qu'ils
s'inscrivent logiquement dans l'histoire de la
danse contemporaine. Et il aurait été
dommage de se priver, en tant que spectateur, d'un
moment aussi réjouissant dans son
évocation du corps exultant. Une prestation
extrêmement épurée, se
consacrant uniquement au mouvement sans se
préoccuper d'éclairages ou de
scénographie, mais une prestation
réussie dont on ressort unanimement
enjoué.
Aurore Krol
|
|
15e
Festival D'UZÉS
les 12 et 13
juin 2010
ARTICLES PARUS DANS LA PRESSE
LIBERATION
14 JUIN 2010
La
danse archéologue
Festival
. Malkovsky revisité à Uzès
Danse.le 12 juin 2010
Par
MARIE-CHRISTINE VERNAY envoyée
spéciale à Uzès
Pour sa 15e édition, le
festival Uzès Danse, dirigé de main
délicate par Liliane Schaus, aussi
responsable du Centre de développement
chorégraphique, remet ses pendules à
l'heure. En invitant la "danse libre", en
replaçant les spectacles au cur de la
cité, en invitant la parole poétique,
la manifestation revient aux fondamentaux : la
danse in situ. Modeste mais ambitieux par ses
objectifs artistiques et sociaux, le festival a du
charme, celui d'une danse actuelle qui se lit (lie)
sur un mur médiéval. Samedi, le
spectacle d'ouverture, Danses libres, de Cecilia
Bengolea et François Chaignaud, est
révélateur de l'esprit
patrimonialement rebelle de l'art
chorégraphique. En remontant de courtes
pièces des années 20 aux noms
évocateurs - J'ai cueilli ta fleur, Petit
Berger, les Trois Petites Filles, Danse avec
voile -, les chorégraphes remettent au
goût du jour - et surtout de la nuit, dans le
jardin de l'Evéché - le travail de
François Malkovsky. Né en
Tchécoslovaquie en 1889, le
chorégraphe chercheur, grand
défenseur d'Isadora Duncan, s'inspira des
mouvements des animaux et de la nature pour
atteindre son idéal de liberté.
Aujourd'hui, on ne pourrait qu'en rire, ce qui fait
d'ailleurs du bien, mais la présence sur
scène de Suzanne Bodak, qui suivit
l'enseignement de Malkovsky survolte
l'atmosphère car elle ne danse
décidément pas comme les jeunes
interprètes qui l'ont invitée.
Légère, sans intention, elle se
balade, elle promène son idéal de
danse sans contrainte bien que tout soit
parfaitement écrit jusqu'à la
position de base. C'est un ravissement. Et que ce
festival soit le réceptacle et le diffuseur
d'une telle aventure
intergénérationnelle en dit long sur
la volonté d'une certaine danse de ne pas se
plier aux seules lois du marché. Le
patrimoine l'y aide.
|
|
MIDI
LIBRE
Uzès
danse.
Décryptage du passé et incursion
en Méditerranée
12
juin 2010
Il faut lui
rendre justice: la 15e édition du festival
Uzès Danse, pour exigeante qu'elle soit,
creuse activement le sillon de la création
contemporaine. Pas facile d'occuper cette place,
à quelques jours du très
médiatique Montpellier Danse. Aussi, sous
l'intitulé très plasticien de "in
sittu" (expression réservé aux
actions d'artistes dans l'espace public), Eliane
Shaus, sa directrice, insuffle l'idée de
parler d'intime en lien avec le patrimoine, vivant
et historique.
Dès l'ouverture samedi dernier,
Confidences en donne une vision
légère. Il s'agit de parcourir la
ville en cinq lieux et d'y assister à un
solo qui en exprime le suc. Dans sa lourde et belle
robe corsetée, Laurence Saboye évoque
des ransports pudiques dans la cour d'un
hôtel particulier. En coin de rue, Laurent
Pichaud embarque le spectateur dans une aventure
àla Tati, versatile, attentive et
humoristique. Les confidences font le grand
écart,mais amènent aussi à
percevoir la ténacité de
chorégraphes installés en
région.
Dans le Jardin
de l'Évéché le soir
même, Cécilia Bengolea et
François Chaignaud offrent des Danses
libres.Têes de pont d'une
génération montante en danse
contemporaine les deux chorégraphes,
invités aussi àMontpellier, jouent
les archéologues. Ils remontent des
pièces de l'entre-deux-guerres de
François Malkovsky en compagnie de Suzanne
Bodak qui a suivi son enseignement. Jugées
désuètes par beaucoup, elles exposent
pourtant comment se vivait une danse naturelle et
expressive, à l'ombre d'Isadora Duncan,
avant l'hécatombe de 39-45. Naïf,
frivole, infantile, romantique, le danseur
ressemble à un papillon fragile.
Mais tel est
le véritable passé européen,
avant le raz de marée de la pensée
américaine. De quoi construire du neuf, donc
en décryptant le passé.
Lise Ott
|
|
DANSER
juillet 2010
Cecilia
Bengolea & François Chaignaud
de Laurent
Goumarre
Ces
deux - là ont créé un buzz
dans le monde de la danse contemporaine. Entre
happening, art corporel, sexe et poésie, ils
osent et on les suit.
Ils
auront été de tous les festivals,
mini-rétrospective de trois pièces
(Pâquerette / Castor et Pollux / les
Sylphides) à Montpellier Danse 2010, prix
révélation du Syndicat de la critique
2009..... bref, en l'espace de cinq ans le duo
Cecilia Bengolea et François Chaignaud se
sera imposé comme l'incontournable des
programmations.....
Deux
interprètes remarqués.
Cecilia
est née en Argentine (1979), passe par
l'histoire de l'art, la philosophie et la danse
anthropologique.
François
(1983) ce sera la danse classique et contemporaine,
conservatoire de Rennes, Paris j'ai adoré
les écoles, mais quand j'ai vu qu'on y
fonctionne en vase clos, qu'on y laisse moisir des
savoirs que j'adore, comme la formation
académique trés fine que j'ai
reçue. je n'ai rien à
renier.
Les
deux seront des interprètes remarqués
au cur des créations les plus
excitantes des années mi 90-2003
signées Jobin, Charmaz, Buffart, Genod,
Monnier...
Cohérence
absolue jusque dans leur dernière
découverte : les danses libres de Malkovsky,
jamais montrées depuis 1948, que Suzanne
Bodak (71 ans) leur transmet dans son cours suivi
par des ...institutrices de 65 ans.
L'idée
? représenter un homme libre et joyeux avec
des déplacements du centre de gravité
dans le haut du corps, un mouvement jamais en bloc,
et la fin du geste sur le temps fort, en
contradiction avec tout ce qu'on connaît en
formation académique. Les gestes sont
naturels, comme tendre la main avec l'envie de
faire ami-amie.
Pour
Cecilia, l'engagement est toujours le même
:"On ne danse pas sans désir ! "
|
|
MOUVEMENT
juillet 2010
Sans
origine fixe de
Gérard Mayen.
Une
vive curiosité entoure Cecilia et
François Chaignaud, très jeune paire
de chorégraphes dont le festival Montpellier
danse programme déjà une
intégrale.
Continuité
?, défi ? dérivation ? Où
situer leur démarche, au regard des
esthétiques de la déconstruction dont
ils sont issus? " Ils nous faut ouvrir de quoi sont
faits nos corps de danseurs
contemporains."
En
liberté...
Outre
Pâquerette, Sylphides, Castor et Pollux,
Cecilia Bengolea et François Chaignaud
performent d'autres essais, qu'on ne verra pas
à Montpellier danse. dans cette
périphérie se situe Danses libres :
un projet en cours qu'ils impulsent avec
Mickaël Phelippeau et Lénio Kaklea,
auprès de Suzanne Bodak. Depuis des
décennies, cette dame se passionne pour la
transmission du répertoire laissé par
François Malkovsky, lui-même
continuateur en son temps de la pensée et
des formes indiquées par Isadora
Duncan.
Septuagénaire,
Suzanne Bodak se glisse parmi les jeunes
interprètes. Le résultat
électrise. Un assemblage d'une quinzaine de
pièces très courtes use d'un
vocabulaire de mouvements restreints. mais ce peu
s'articule dans une rigueur d'écriture
extrême. si liberté il y a dans ces
danses, elle se trouvera dans une mobilisation
imaginaire générant l'allantd'une
ouverture de corps, acceptant sa suspension dans un
ample déroulé de flux respiratoire.
Cela suggère d'envisager, avec Chaignaud et
Bengolea, que dans ce cas, "c'est le
répertoire lui-même, et la technique
qui le sous-tend,qui deviennent la contrainte de
corps exceptionnelle " avec laquelle ils
travaillent.
Alors
dans ce registre mineur, se dessine la question
majeure de ce qui caractérise l'actuelle
conception de l'interprétation contemporaine
en danse, que relaient les formations ex.e.r.ce. ,
le CNDC, Bocal en son temps. Peu de spectacles de
danse donnent à percevoir autant que danses
libres l'accent infime, cependant résolu, du
pré-mouvement. à travers lui
s'actualise l'archéologie du geste, se
réalise la conscience de
l'historicité, individuelle ou collective,
qui le charge.
Enthousiaste
dans son observation de danses libres, un Loïc
Touzé peut y percevoir la marque de "
l'expérience de l'interprète primant
sur toute idée préconçue d'une
pièce ". et le mouvement d'un corps se
concevant lui-même comme une étendue,
une expansion historique. " Vu ainsi, il y a lieu
de considérer que Cecilia Bengolea et
François Chaignaud seraient en train de
forger un chaînon suivant, plutôt que
briser une chaîne de transmission, dans le
cours des danses-performances et de
déconstruction.
Et
en fait, de ne rien envisager ici à la
façon d'une chaîne.
Fort
joyeusement.
|
|
Ouverture
de la saison au CNDC d'Angers
27 et 28 septembre 2010
Vous
avez dit
« libres » ?
Le mouvement
des Danses libres s'est épanoui à
l'aube du XXe siècle, rattaché
à l'immense figure pionnière
d'Isadora Duncan. Mais le programme montré
aujourd'hui est composé d'un choix de
courtes chorégraphies de François
Malkovsky. S'il put voir Duncan sur scène en
1912, s'il s'exclama qu' « elle
[lui] avait montré ce qu'il fallait
chercher », Malkovsky développa
ses propres conceptions, d'abord en soliste sur
scène jusqu'à l'après-guerre,
puis dans son enseignement jusqu'à sa
disparition en 1982, à l'âge de 93
ans.
Une vie
entière de recherches et de
transmission : voilà qui indique qu'ici
une liberté se construit, en rien synonyme
d'un « n'importe quoi »
débridé. La liberté est
attitude, concrétisée en
démarche, écriture et technique. Il y
a, dans cette affaire, une pensée du corps,
qui vit la modernité d'alors adhérer
à l'idée d'un « mouvement
humain naturel » (aujourd'hui certes
discutable). Soit une quête, à
même la logique du fonctionnement corporel,
d'un idéal d'harmonie entre corps et esprit,
mais encore avec la nature.
L'observation
des mouvements et rythmes de cette dernière
(vagues sur la mer, ondulations
végétales), ou l'étude
appuyée des déplacements animaux,
sinon de dynamiques humaines fondatrices &endash;
à commencer par la marche &endash; ou usages
manuels de métiers, charpentent
l'élaboration de Malkovsky. Observons ses
danses : leur vocabulaire est économe.
Mais leur approche techniquement fine. Cette
dimension technique relève d'un imaginaire
philosophique.
C'est cet
imaginaire &endash; forcément singulier
&endash; qui tend le regard du danseur. C'est ce
regard qui anticipe l'ouverture du haut du buste
dans une respiration ample et aérienne.
Cette ouverture anticipe un coulé des bras
respirant jusqu'aux extrémités.
Également, plus bas, l'entraînement du
bassin en déséquilibre. Lequel
anticipe enfin le pas. Le rapport au poids est donc
très modulé, et le
« laisser-faire »
recherché a souvent l'accent d'une
suspension, indéfiniment rejoué dans
une reprise ne souffrant guère
d'interruption. L'avancée de l'épaule
d'un côté, répond au
reculé du bassin sur le côté
opposé. Et cette danse tient ainsi d'une
marche, ponctuée de voltes-faces, tendant
vers la spirale de tourbillons. Une ivresse
légère découle de ce
ressac.
C'est un
miracle que de pouvoir revivre ces pas aujourd'hui.
On le doit à Suzanne Bodak, qui,
septuagénaire, les danse encore sur
scène. Elle-même élève
de Malkovsky, elle a consacré quatre
décennies à l'analyse et la
transmission de ce segment du patrimoine de la
danse. Un second miracle veut qu'aujourd'hui de
jeunes interprètes s'y intéressent
à leur tour. Ils brisent alors une
idée reçue, qui ferait de l'histoire
l'apanage des seuls ballets de répertoire,
quand les jeunes créateurs se consumeraient
dans la fascination &endash; l'illusion en fait
&endash; de la pure nouveauté.
Or ces
derniers se montrent immensément curieux de
questionner l'héritage, en voulant, comme
François Chaignaud, « repenser
totalement la question de l'intention qui habite un
geste de danse, de sorte que se réinvente le
lien entre un état de soi et la forme
chorégraphique qui sera
produite ». On reconnaît là
une conception fort actuelle de
l'interprétation, conçue en mouvement
d'émancipation maîtrisée. Nul
ne sera surpris que ces jeunes gens soient bien
connus à Angers, qu'on y ait montré
d'autres spectacles qu'ils ont signés,
qu'ils y aient interprété des
pièces d'Emmanuelle Huynh, ou aient
été accueillis en résidence de
création au CNDC.
Gérard
MAYEN
|
Ouest
France septembre 2010 L.B.
Danses
libres ou la théorie du
mouvement.
Cecilia
Bengolea et François Chaignaud font revivre
des danses théorisées par
François Malkovsky.
François
Malkovsky, a théorisé le mouvement
naturel, qui repose sur les liens entre le corps,
l'esprit et la nature. C'est à la fois une
technique et une pensée. Ces danses libres
utilisent un vocabulaire presque romantique. Elles
datent de la première partie du XXe
siècle.
Le
Courrier de l'Ouest septembre 2010
Lelian
La
ville en parle.
« Figures
libres » au CNDC
haut les
corps !
Déjà
auteurs d'un « Sylphides »
étrange et bluffant, Cecilia Bengolea et
François Chaignaud présentaient
« Figures libres », se
réappropriant par leur corps d'aujourd'hui
des mouvements pensés pendant
l'entre-deux-guerres par François Malkovsky.
Une prise de corps rendue possible grâce
à Suzanne Bodak, élève du
créateur, et de son mari pianiste de
Malkovsky de 1958 à 1981.
Premières
impressions : une danses naïve,
enfantine, désuète et aux
frontières du risible. Les suivantes sont
toutes autres : ce mouvement perpétuel,
mu par le désir de toujours élever le
corps, de l'affranchir de la pesanteur, de le
transporter dans un cercle aérien nourri
d'une joie en quête de cosmos, a quelque
chose d'essentiel, de pénétrant.
C'est pourtant un paradoxe qui nous laisse
adhérer à ce projet : la
liberté des figures nécessite une
technique gestuelle très contraignante, et
c'est ce code qui détermine la
manière de danser.
Cecilia
Bengolea et François Chaignaud font ici acte
de création et de sauvegarde, laissant
éclore au centre de leur nature
recomposée une Suzanne Bodak à la
grâce et à la beauté non
fanées. Étrange et
enivrant.
Le
site du Quai à Angers vous donne
accès à une vidéo
de la soirée et de nos
interviews.
|
|
Festival des
Inaccoutumés
Danses libres et
mémoire vive
Qui
est François Malkovsky (1889-1982) ? Un
danseur, illustre inconnu au bataillon des
répertoires, que les chorégraphes
Cecilia Bengolea et François Chaignaud ont
entrepris de ressusciter à travers le
spectacle Hydra, programmé les 30 novembre
et 1er décembre, à la
Ménagerie de verre, à Paris (11e). Ce
récital est composé d'une vingtaine
de solos et de duos, d'une durée d'une
à cinq minutes, interprétés
dans les années 1920-1930 par Malkovsky
à la Comédie des Champs
Elysées, à Paris.
Il y a trois ans, sur les
conseils d'une amie, Cecilia Bengolea et
François Chaignaud débarquent dans le
studio de Suzanne Bodak, 72 ans,
élève de Malkovsky, qui donne un
week-end par mois des ateliers à des femmes
âgées de 60 à 80 ans. "On nous
avait dit que ses danses faisaient du bien et,
lorsque nous les avons découvertes, nous
avons eu immédiatement envie de les
apprendre, raconte Cecilia Bengolea. Elles sont
très agréables pour le plexus, entre
autres, car elles mobilisent tout le corps dans un
mouvement continu, ce qui est à
l'opposé du corps contemporain
fragmenté."
Pendant deux ans, le duo de
chorégraphes suit l'enseignement de Suzanne
Bodak et découvre ces "danses libres",
influencées par Isadora Duncan (1877-1927).
"Malkovsky ne chorégraphie aucun sentiment
négatif comme la rage, la folie, mais que
des émotions nobles autour de l'amour, de
l'amitié, de la beauté, poursuit
Cecilia Bengolea. Sa gestuelle est portée
par un désir de faire corps avec la nature,
le vent, les arbres, la mer... Une forme d'utopie
romantique autour de l'homme et du cosmos
mène son travail."
Elan
généreux
Le principe-clé du
danseur réside dans la force première
du regard : c'est lui qui conduit le mouvement, lui
donne l'impulsion, relayé par le torse. Cet
élan généreux fait circuler
l'énergie dans tout le corps à
travers un mouvement organique, jouant du ressac en
douceur.
C'est en slip ou en string
(comme Malkovsky), torse nu, le corps
entièrement peint et orné de rubans
que Cecilia Bengolea et François Chaignaud
danseront Hydra, sur des musiques de
Frédéric Chopin et Franz Schubert,
interprétées au piano en direct par
Alexandre Bodak, mari de Suzanne. Histoires de
danse en famille.
.....................................................Rosita
Boisseau
|
|
|
|
|
|