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Malkovsky Hodges Danse Libre

« Danses Libres »

Ce que dit la presse

Cécilia et François 5e Danse Hongroise Brahms

 

 

  

Contact

le Répertoire présenté

Pourquoi le Répertoire

 

 TRANSMISSION

François Chaignaud

Cécilia Bengoléa

Lénio Kakléa

Enora Rivière

Mickaël Phelippeau

 

DANSES LIBRES

Visibilité du répertoire
Avec des danseurs :
Photos de Laurent Pailler
Ce que dit la presse

 

LIEUX 

Le Quartz de Brest

Théâtre de Vanves

Auditorium de Laon

CNDC d'Angers

Festival d'Uzès

Imaginez Maintenant Toulouse

Paris : Ménagerie de Verre

La Rochelle

 

 

Pour comprendre la Danse Libre

 DOCUMENTS

DVD "La Danse Libre de Malkovsky"
Ce DVD multilingue
(Vidéo et ROM) fait revivre l'œuvre
et le style du chorégraphe
français d'origine thèque
François Malkovsky (1889-1982), continuateur d'Isadora Duncan
et précurseur de la danse moderne

DVD "Malkovsky par lui-même"
Ce DVD fait revivre Malkovsky enseignant, dansant dans son studio à Paris en 1965.

"Philosophie du geste"

 

"La Danse de Malkovsky
à travers la notation Laban"

 

 

Lénio Kaklea

 

 

 

 

Cécilia Bengolea

 

 

 

 

Mickaël Phelippeau

 

 

 

 

Suzanne Bodak

 

 

 

 

avec François Chaignaud

 

 

 

 

Dans le Parc du Duché : Esterhazy

 

 

 

 

FESTIVAL DES INACCOUTUMÉS

Cecilia Bengolea, François Chaignaud

Hydra

30 novembre-01 décembre 2010
Paris 11e. Ménagerie de verre

La pièce Hydra, conçue spécialement pour l'espace de la Ménagerie de verre, réactualise, dans une version libre et colorée, des danses oubliées de l'après-guerre.

Horaire: 20h
Durée: 50 minutes
Concepteurs du projet et interprètes : François Chaignaud, Cécilia Bengolea
Interprète, transmission : Suzanne Bodak
Interprètes : Lenio Kaklea, Mickaël Phelippeau
Piano : Alexandre Bodak
Lumière et son : Erik Houlier

 A partir de leur projet Danses Libres, François Chaignaud et Cécilia Bengolea inventent spécialement pour l'espace de la Ménagerie de verre, Hydra, une version colorisée de leur récital. Le Off devient ici une île utopique et méconnue où ces danses oubliées de l'entre deux guerres retrouvent des couleurs et une intensité actuelles et troublantes.

 

 

 

À lire dans Danzine.fr
l'article de Nicolas Villodre
spectacle de la Ménagerie de Verre 2010:
http://www.danzine.fr/François-Chaignaud-Cecilia

 

 

 

Article de Delphine Goater
La Scène Danse 2010
Hydra (Paris)
http://www.resmusica.com/article_8804_scene_danse_
hydra_paris_kitchissime_.html

 

 

 

 

 

 

LES ANTIPODES Quartz de Brest 

les 11 et 12 mars 2010

OUEST FRANCE 15 mars

Danses Libres, le cadeau de Malkovsky

Suzanne et Alexandre Bodak ont transmis à Cecilia Bengolea et François Chaignaud le répertoire du chorégraphe méconnu.

« Quand Cecilia Bengolea et François Chaignaud m'ont rencontrée pour me faire part de leur intérêt envers le répertoire de François Malkovsky, j'ai pensé : c'est un miracle ! Ils m'ont fait le plus beau cadeau de ma vie! »

Pendant des années, Suzanne Bodak a œuvré, dans l'ombre, à la transmission des chorégraphies de Malkovsky (1889-1982). Un répertoire composé de danses très brèves, sur tout des soli ou des duos, liées à - un thème ou une expression (La Mer,Jeunesse, Phanson matinale) et accompagnées au piano, sur des musiques de Chopin, Schubert, Debussy, Brahms, Dvorak...

Une danse d'utopie

Institutrice, Suzanne Bodak a travaillé quotidiennement pendant cinq ans avec Malkovsky. Son époux, Alexandre Bodak, médecin, fut aussi le pianiste de Malkovsky pendant plus de vingt ans. Leur connaissance et leur analyse de la danse libre les ont conduits aux Antipodes.

Au studio de danse, lieu idéal et dépouillé, la présentation du répertoire de Malkovsy, qui prit parti pour la grande danseuse libre Isadora Duncan, fut, pour le public, une expé-rience intense et émouvante. ~~ C'est une danse d'utopie, qui fait du bien aux gens, ~ résumait Suzanne Bodak.

« La plus grande élégance est la plus grande simplicité », disait Malkovsky.

Sur scène, l'apparition de son élève Suzanne Bodak, magistrale et idéale, donnait corps aux propos du maître. Au piano, Alexandre Bodak épousait parfaitement les élans des danseurs.

Évolutîon organique

Ravissante Danse avec voile, interprétée gracieusement par le jeune danseur Mickaël Phelippeau. Expressive Lenio Kaklea, jeune danseuse grecque, qui rejoignait, dans cette recherche du «sens des gestes »,Cecilia et François, dont elle était l'interprète dans Sylphides.

Avec cette deuxième création, si réussie, Cecilia Bengolea et François Chaignaud ont une nouvelle fois montré leur capacité « à se jeter dans l'inconnu ».

Du mémorable Pâquerette, où ils s'interrogeaient sur leur idéal sexuel, à Danses Libres, où leurs corps contemporains « idéalisent un mouvement naturel et sans entrave », les deux artistes associés du Quartz semblent faire le grand écart:

« Certes, nous ne voulons pas être catalogués ni reproduire les mêmes formules et les mêmes recettes, souligne Cecilia Bengolea. Mais de création en création, se dégage ce-pendant une suite logique. Celle de notre évolution organique. »

Frédérique Guiziou

Pour "Danses Libres", création Antipodes 2010, les deux artistes associés au Quartz,

Cecilia Bengolea et François Chaignaud ont découvert « grisés» le répertoire de François Malkovsky, basé sur le rythme universel du balancier.
  

Les Trois Coups   

Dimanche 14 mars 2010

Danses libres : chorégraphies de François Malkovsky (1889-1982), création, Le Quartz àBrest

Danse libre : ludique et enjouée

Danses libres est un spectacle à voir sous l'angle double de la représentation et de la démarche de conservation historique. La danse libre est en effet un concept inventé dans les années 1920 par François Malkovsky, et qui s'oppose aux contraintes de la danse classique et de ses codes d'entrave du corps. En ressort une esthétique en lien avec les éléments, la nature, la jeunesse, et qui souligne la joie et l'expressivité corporelle. La rencontre de Malkovsky avec la danseuse Isadora Duncan avait contribué à cette recherche du geste libre, déjà influencée par l'analyse des mouvements instinctifs des animaux.

Ce style, composé de formes chorales et nécessitant d' être transmis par un initié, est à l'origine de la danse moderne. Il était ici revisité de la manière la plus fidèle qui soit par quelques jeunes interprètes qui se sont formés pour l'occasion auprès de Suzanne Bodak, une héritière de ce courant. Parmi eux, François Chaignaud et Cecilia Bengolea, artistes associés au Quartz et très présents dans les différentes créations présentées aux Antipodes. Par ces expérimentations, ils poursuivent leurs recherches de ce que peut être un corps dansant tout en redonnant de la visibilité à un courant esthétique très peu exploité dans les œuvres actuelles.

En danse libre, la justesse du mouvement se ressent par le bien- être qu'il procure. Et ce bien-être est ici totalement partagé par le public, qui assiste à une chorégraphie ludique, très communicative dans sa simplicité et sa vocation de retour au naturel. Ce récital d'une quinzaine de pièces, qui furent créées entre 1922 et 1948, possède un charme kitsch insoupçonné, rehaussé par la fidélité aux costumes d'origine : des tuniques de fausse inspiration antique. Au son de Beethoven, Chopin, Schubert ou Brahms, les différents danseurs se sont donc succédé avec brio, gardant telle quelle la naïveté des mouvements, leur coloration désuète mais pleine d'énergie.

Il aurait été dommage de chercher à - moderniser - ces gestes, si particuliers et tombés dans un quasi-oubli, alors qu'ils s'inscrivent logiquement dans l'histoire de la danse contemporaine. Et il aurait été dommage de se priver, en tant que spectateur, d'un moment aussi réjouissant dans son évocation du corps exultant. Une prestation extrêmement épurée, se consacrant uniquement au mouvement sans se préoccuper d'éclairages ou de scénographie, mais une prestation réussie dont on ressort unanimement enjoué.

Aurore Krol

 

15e Festival D'UZÉS

les 12 et 13 juin 2010

  ARTICLES PARUS DANS LA PRESSE

 LIBERATION 14 JUIN 2010

La danse archéologue

Festival . Malkovsky revisité à Uzès Danse.le 12 juin 2010

Par MARIE-CHRISTINE VERNAY envoyée spéciale à Uzès

Pour sa 15e édition, le festival Uzès Danse, dirigé de main délicate par Liliane Schaus, aussi responsable du Centre de développement chorégraphique, remet ses pendules à l'heure. En invitant la "danse libre", en replaçant les spectacles au cœur de la cité, en invitant la parole poétique, la manifestation revient aux fondamentaux : la danse in situ. Modeste mais ambitieux par ses objectifs artistiques et sociaux, le festival a du charme, celui d'une danse actuelle qui se lit (lie) sur un mur médiéval. Samedi, le spectacle d'ouverture, Danses libres, de Cecilia Bengolea et François Chaignaud, est révélateur de l'esprit patrimonialement rebelle de l'art chorégraphique. En remontant de courtes pièces des années 20 aux noms évocateurs - J'ai cueilli ta fleur, Petit Berger, les Trois Petites Filles, Danse avec voile -, les chorégraphes remettent au goût du jour - et surtout de la nuit, dans le jardin de l'Evéché - le travail de François Malkovsky. Né en Tchécoslovaquie en 1889, le chorégraphe chercheur, grand défenseur d'Isadora Duncan, s'inspira des mouvements des animaux et de la nature pour atteindre son idéal de liberté. Aujourd'hui, on ne pourrait qu'en rire, ce qui fait d'ailleurs du bien, mais la présence sur scène de Suzanne Bodak, qui suivit l'enseignement de Malkovsky survolte l'atmosphère car elle ne danse décidément pas comme les jeunes interprètes qui l'ont invitée. Légère, sans intention, elle se balade, elle promène son idéal de danse sans contrainte bien que tout soit parfaitement écrit jusqu'à la position de base. C'est un ravissement. Et que ce festival soit le réceptacle et le diffuseur d'une telle aventure intergénérationnelle en dit long sur la volonté d'une certaine danse de ne pas se plier aux seules lois du marché. Le patrimoine l'y aide.

 

MIDI LIBRE

Uzès danse.
Décryptage du passé et incursion en Méditerranée

12 juin 2010

Il faut lui rendre justice: la 15e édition du festival Uzès Danse, pour exigeante qu'elle soit, creuse activement le sillon de la création contemporaine. Pas facile d'occuper cette place, à quelques jours du très médiatique Montpellier Danse. Aussi, sous l'intitulé très plasticien de "in sittu" (expression réservé aux actions d'artistes dans l'espace public), Eliane Shaus, sa directrice, insuffle l'idée de parler d'intime en lien avec le patrimoine, vivant et historique.
Dès l'ouverture samedi dernier, Confidences en donne une vision légère. Il s'agit de parcourir la ville en cinq lieux et d'y assister à un solo qui en exprime le suc. Dans sa lourde et belle robe corsetée, Laurence Saboye évoque des ransports pudiques dans la cour d'un hôtel particulier. En coin de rue, Laurent Pichaud embarque le spectateur dans une aventure àla Tati, versatile, attentive et humoristique. Les confidences font le grand écart,mais amènent aussi à percevoir la ténacité de chorégraphes installés en région.

Dans le Jardin de l'Évéché le soir même, Cécilia Bengolea et François Chaignaud offrent des Danses libres.Têes de pont d'une génération montante en danse contemporaine les deux chorégraphes, invités aussi àMontpellier, jouent les archéologues. Ils remontent des pièces de l'entre-deux-guerres de François Malkovsky en compagnie de Suzanne Bodak qui a suivi son enseignement. Jugées désuètes par beaucoup, elles exposent pourtant comment se vivait une danse naturelle et expressive, à l'ombre d'Isadora Duncan, avant l'hécatombe de 39-45. Naïf, frivole, infantile, romantique, le danseur ressemble à un papillon fragile.

Mais tel est le véritable passé européen, avant le raz de marée de la pensée américaine. De quoi construire du neuf, donc en décryptant le passé.

Lise Ott

 

DANSER juillet 2010

Cecilia Bengolea & François Chaignaud de Laurent Goumarre

Ces deux - là ont créé un buzz dans le monde de la danse contemporaine. Entre happening, art corporel, sexe et poésie, ils osent et on les suit.

Ils auront été de tous les festivals, mini-rétrospective de trois pièces (Pâquerette / Castor et Pollux / les Sylphides) à Montpellier Danse 2010, prix révélation du Syndicat de la critique 2009..... bref, en l'espace de cinq ans le duo Cecilia Bengolea et François Chaignaud se sera imposé comme l'incontournable des programmations.....

Deux interprètes remarqués.

Cecilia est née en Argentine (1979), passe par l'histoire de l'art, la philosophie et la danse anthropologique.

François (1983) ce sera la danse classique et contemporaine, conservatoire de Rennes, Paris j'ai adoré les écoles, mais quand j'ai vu qu'on y fonctionne en vase clos, qu'on y laisse moisir des savoirs que j'adore, comme la formation académique trés fine que j'ai reçue. je n'ai rien à renier.

Les deux seront des interprètes remarqués au cœur des créations les plus excitantes des années mi 90-2003 signées Jobin, Charmaz, Buffart, Genod, Monnier...

Cohérence absolue jusque dans leur dernière découverte : les danses libres de Malkovsky, jamais montrées depuis 1948, que Suzanne Bodak (71 ans) leur transmet dans son cours suivi par des ...institutrices de 65 ans.

L‚'idée ? représenter un homme libre et joyeux avec des déplacements du centre de gravité dans le haut du corps, un mouvement jamais en bloc, et la fin du geste sur le temps fort, en contradiction avec tout ce qu'on connaît en formation académique. Les gestes sont naturels, comme tendre la main avec l'envie de faire ami-amie.

Pour Cecilia, l'engagement est toujours le même :"On ne danse pas sans désir ! "

 

MOUVEMENT juillet 2010

Sans origine fixe de Gérard Mayen.

Une vive curiosité entoure Cecilia et François Chaignaud, très jeune paire de chorégraphes dont le festival Montpellier danse programme déjà une intégrale.

Continuité ?, défi ? dérivation ? Où situer leur démarche, au regard des esthétiques de la déconstruction dont ils sont issus? " Ils nous faut ouvrir de quoi sont faits nos corps de danseurs contemporains."

En liberté...

Outre Pâquerette, Sylphides, Castor et Pollux, Cecilia Bengolea et François Chaignaud performent d'autres essais, qu'on ne verra pas à Montpellier danse. dans cette périphérie se situe Danses libres : un projet en cours qu'ils impulsent avec Mickaël Phelippeau et Lénio Kaklea, auprès de Suzanne Bodak. Depuis des décennies, cette dame se passionne pour la transmission du répertoire laissé par François Malkovsky, lui-même continuateur en son temps de la pensée et des formes indiquées par Isadora Duncan.

Septuagénaire, Suzanne Bodak se glisse parmi les jeunes interprètes. Le résultat électrise. Un assemblage d'une quinzaine de pièces très courtes use d'un vocabulaire de mouvements restreints. mais ce peu s'articule dans une rigueur d'écriture extrême. si liberté il y a dans ces danses, elle se trouvera dans une mobilisation imaginaire générant l'allantd'une ouverture de corps, acceptant sa suspension dans un ample déroulé de flux respiratoire. Cela suggère d'envisager, avec Chaignaud et Bengolea, que dans ce cas, "c'est le répertoire lui-même, et la technique qui le sous-tend,qui deviennent la contrainte de corps exceptionnelle " avec laquelle ils travaillent.

Alors dans ce registre mineur, se dessine la question majeure de ce qui caractérise l'actuelle conception de l'interprétation contemporaine en danse, que relaient les formations ex.e.r.ce. , le CNDC, Bocal en son temps. Peu de spectacles de danse donnent à percevoir autant que danses libres l'accent infime, cependant résolu, du pré-mouvement. à travers lui s'actualise l'archéologie du geste, se réalise la conscience de l'historicité, individuelle ou collective, qui le charge.

Enthousiaste dans son observation de danses libres, un Loïc Touzé peut y percevoir la marque de " l'expérience de l'interprète primant sur toute idée préconçue d'une pièce ". et le mouvement d'un corps se concevant lui-même comme une étendue, une expansion historique. " Vu ainsi, il y a lieu de considérer que Cecilia Bengolea et François Chaignaud seraient en train de forger un chaînon suivant, plutôt que briser une chaîne de transmission, dans le cours des danses-performances et de déconstruction.

Et en fait, de ne rien envisager ici à la façon d'une chaîne.

Fort joyeusement.

 

Ouverture de la saison au CNDC d'Angers
27 et 28 septembre 2010

Vous avez dit « libres » ?

Le mouvement des Danses libres s'est épanoui à l'aube du XXe siècle, rattaché à l'immense figure pionnière d'Isadora Duncan. Mais le programme montré aujourd'hui est composé d'un choix de courtes chorégraphies de François Malkovsky. S'il put voir Duncan sur scène en 1912, s'il s'exclama qu'  « elle [lui] avait montré ce qu'il fallait chercher », Malkovsky développa ses propres conceptions, d'abord en soliste sur scène jusqu'à l'après-guerre, puis dans son enseignement jusqu'à sa disparition en 1982, à l'âge de 93 ans.

Une vie entière de recherches et de transmission : voilà qui indique qu'ici une liberté se construit, en rien synonyme d'un « n'importe quoi » débridé. La liberté est attitude, concrétisée en démarche, écriture et technique. Il y a, dans cette affaire, une pensée du corps, qui vit la modernité d'alors adhérer à l'idée d'un « mouvement humain naturel » (aujourd'hui certes discutable). Soit une quête, à même la logique du fonctionnement corporel, d'un idéal d'harmonie entre corps et esprit, mais encore avec la nature.

L'observation des mouvements et rythmes de cette dernière (vagues sur la mer, ondulations végétales), ou l'étude appuyée des déplacements animaux, sinon de dynamiques humaines fondatrices &endash; à commencer par la marche &endash; ou usages manuels de métiers, charpentent l'élaboration de Malkovsky. Observons ses danses : leur vocabulaire est économe. Mais leur approche techniquement fine. Cette dimension technique relève d'un imaginaire philosophique.

C'est cet imaginaire &endash; forcément singulier &endash; qui tend le regard du danseur. C'est ce regard qui anticipe l'ouverture du haut du buste dans une respiration ample et aérienne. Cette ouverture anticipe un coulé des bras respirant jusqu'aux extrémités. Également, plus bas, l'entraînement du bassin en déséquilibre. Lequel anticipe enfin le pas. Le rapport au poids est donc très modulé, et le « laisser-faire » recherché a souvent l'accent d'une suspension, indéfiniment rejoué dans une reprise ne souffrant guère d'interruption. L'avancée de l'épaule d'un côté, répond au reculé du bassin sur le côté opposé. Et cette danse tient ainsi d'une marche, ponctuée de voltes-faces, tendant vers la spirale de tourbillons. Une ivresse légère découle de ce ressac.

C'est un miracle que de pouvoir revivre ces pas aujourd'hui. On le doit à Suzanne Bodak, qui, septuagénaire, les danse encore sur scène. Elle-même élève de Malkovsky, elle a consacré quatre décennies à l'analyse et la transmission de ce segment du patrimoine de la danse. Un second miracle veut qu'aujourd'hui de jeunes interprètes s'y intéressent à leur tour. Ils brisent alors une idée reçue, qui ferait de l'histoire l'apanage des seuls ballets de répertoire, quand les jeunes créateurs se consumeraient dans la fascination &endash; l'illusion en fait &endash; de la pure nouveauté.

Or ces derniers se montrent immensément curieux de questionner l'héritage, en voulant, comme François Chaignaud, « repenser totalement la question de l'intention qui habite un geste de danse, de sorte que se réinvente le lien entre un état de soi et la forme chorégraphique qui sera produite ». On reconnaît là une conception fort actuelle de l'interprétation, conçue en mouvement d'émancipation maîtrisée. Nul ne sera surpris que ces jeunes gens soient bien connus à Angers, qu'on y ait montré d'autres spectacles qu'ils ont signés, qu'ils y aient interprété des pièces d'Emmanuelle Huynh, ou aient été accueillis en résidence de création au CNDC.

Gérard MAYEN

 

 

Ouest France septembre 2010 L.B.

Danses libres ou la théorie du mouvement.

Cecilia Bengolea et François Chaignaud font revivre des danses théorisées par François Malkovsky.

François Malkovsky, a théorisé le mouvement naturel, qui repose sur les liens entre le corps, l'esprit et la nature. C'est à la fois une technique et une pensée. Ces danses libres utilisent un vocabulaire presque romantique. Elles datent de la première partie du XXe siècle.

 

Le Courrier de l'Ouest septembre 2010 Lelian

La ville en parle.
« Figures libres » au CNDC… haut les corps !

Déjà auteurs d'un « Sylphides » étrange et bluffant, Cecilia Bengolea et François Chaignaud présentaient « Figures libres », se réappropriant par leur corps d'aujourd'hui des mouvements pensés pendant l'entre-deux-guerres par François Malkovsky. Une prise de corps rendue possible grâce à Suzanne Bodak, élève du créateur, et de son mari pianiste de Malkovsky de 1958 à 1981.

Premières impressions : une danses naïve, enfantine, désuète et aux frontières du risible. Les suivantes sont toutes autres : ce mouvement perpétuel, mu par le désir de toujours élever le corps, de l'affranchir de la pesanteur, de le transporter dans un cercle aérien nourri d'une joie en quête de cosmos, a quelque chose d'essentiel, de pénétrant. C'est pourtant un paradoxe qui nous laisse adhérer à ce projet : la liberté des figures nécessite une technique gestuelle très contraignante, et c'est ce code qui détermine la manière de danser.

Cecilia Bengolea et François Chaignaud font ici acte de création et de sauvegarde, laissant éclore au centre de leur nature recomposée une Suzanne Bodak à la grâce et à la beauté non fanées. Étrange et enivrant.

 

Le site du Quai à Angers vous donne accès à une vidéo de la soirée et de nos interviews.

 

Festival des Inaccoutumés

Danses libres et mémoire vive

 Qui est François Malkovsky (1889-1982) ? Un danseur, illustre inconnu au bataillon des répertoires, que les chorégraphes Cecilia Bengolea et François Chaignaud ont entrepris de ressusciter à travers le spectacle Hydra, programmé les 30 novembre et 1er décembre, à la Ménagerie de verre, à Paris (11e). Ce récital est composé d'une vingtaine de solos et de duos, d'une durée d'une à cinq minutes, interprétés dans les années 1920-1930 par Malkovsky à la Comédie des Champs Elysées, à Paris.

Il y a trois ans, sur les conseils d'une amie, Cecilia Bengolea et François Chaignaud débarquent dans le studio de Suzanne Bodak, 72 ans, élève de Malkovsky, qui donne un week-end par mois des ateliers à des femmes âgées de 60 à 80 ans. "On nous avait dit que ses danses faisaient du bien et, lorsque nous les avons découvertes, nous avons eu immédiatement envie de les apprendre, raconte Cecilia Bengolea. Elles sont très agréables pour le plexus, entre autres, car elles mobilisent tout le corps dans un mouvement continu, ce qui est à l'opposé du corps contemporain fragmenté."

Pendant deux ans, le duo de chorégraphes suit l'enseignement de Suzanne Bodak et découvre ces "danses libres", influencées par Isadora Duncan (1877-1927). "Malkovsky ne chorégraphie aucun sentiment négatif comme la rage, la folie, mais que des émotions nobles autour de l'amour, de l'amitié, de la beauté, poursuit Cecilia Bengolea. Sa gestuelle est portée par un désir de faire corps avec la nature, le vent, les arbres, la mer... Une forme d'utopie romantique autour de l'homme et du cosmos mène son travail."

Elan généreux

Le principe-clé du danseur réside dans la force première du regard : c'est lui qui conduit le mouvement, lui donne l'impulsion, relayé par le torse. Cet élan généreux fait circuler l'énergie dans tout le corps à travers un mouvement organique, jouant du ressac en douceur.

C'est en slip ou en string (comme Malkovsky), torse nu, le corps entièrement peint et orné de rubans que Cecilia Bengolea et François Chaignaud danseront Hydra, sur des musiques de Frédéric Chopin et Franz Schubert, interprétées au piano en direct par Alexandre Bodak, mari de Suzanne. Histoires de danse en famille.
.....................................................Rosita Boisseau

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