Malkovsky
a été le passeur de ses
propres créations à plusieurs
générations
d'élèves, jusque vers 1965.
Certaines danses ont été
abandonnées assez tôt, ou furent
oubliées telles : « le
Cloître » sur la musique
« Au couvent » de Borodine,
le « Poème
chorégraphique dans le silence
», le 4e prélude de Chopin, un
Menuet de Schubert, les «
Légendes indiennes d'Amazonie », les
Arabesques de Debussy.
Ces titres
figuraient dans les premiers programmes, mais ne
furent jamais évoqués dans les
cours à partir de 1959.
Quelques
solos, figurant sur les programmes, n'ont jamais
été transmis, du moins à
partir de 1950 dans leur
intégralité : le prélude
n°14 de Chopin, les « flammes »
(Walkyries) de Wagner, un Nocturne de Borodine.
De chacune de ces danses, Malkovsky a sans doute
gardé la cellule gestuelle de base pour
en faire un exercice, une recherche
d'identification, inspirée par les images
du vent, de la flamme et des ombres de la
nuit.
Certains
solos tels : le 2e prélude de
Rachmaninoff, le Stabat Mater (largo) de
Pergolèse, la polonaise en la majeur de
Chopin, furent encore dansés par
Malkovsky entre 1950 et 1959, dans les cours au
studio, mais ne furent pas
enseignés.
Il existe
un autre corpus de courtes danses, surtout des
valses de Schubert et de Brahms qui furent
enseignées très longtemps, ces
danses n'étaient pas mentionnées
dans les programmes
Parmi les
chorégraphies notées, la
Berceuse et la 5e Mazurka,
étaient encore dansées en 1970 au
studio par Malkovsky. Le Petit berger, la
Grande Valse étaient
interprétés jusqu'en 1963 par la
dernière élève
formée pour la scène. Le
Désir, la 8e Danse slave, Chanson
matinale, le 7e prélude, le Petit
berger, des phrases de la Grande valse
furent enseignés au cours, jusque vers
1964.
La 15e valse de Brahms et l'Impromptu
de Schubert : (la Ronde) furent transmises
jusqu'au départ de Malkovsky en 1970 pour
le sud de la France.
«
Les chorégraphies notées ont
été créées entre
1920 et 1946. Elles furent
interprétées par Malkovsky ou ses
danseuses sur les scènes parisiennes
avant la seconde guerre mondiale. Elles sont
classées par ordre chronologique
d'après leur apparition dans les
programmes des récitals.
Ces danses
étaient encore enseignées par
Malkovsky lors des cours entre 1959 et 1965 au
studio Boulevard Berthier. Dès 1966 la
transmission de ces chorégraphies devint
plus rare.
Ces
uvres reflètent la gravité
et la joie de vivre. Elles sont le creuset de
forces émotionnelles et spirituelles qui
font vibrer la mémoire
collective.
Danses de
jaillissement et d'abandon, de plénitude
et de vide, elles se déploient
colorées par le nuancier des tensions,
sans jamais aller dans les extrêmes.
Le
mouvement parcourt les lignes d'un corps
unifié, la danse coule avec
fluidité, simplicité et
évidence.
En osmose
avec la musique, le flux des mouvements est
ponctué par de légers accents,
pour les suspendre avec élasticité
dans l'instabilité du
déséquilibre à venir.
Au danseur de trouver l'adéquation entre
cette danse de rêve et l'expérience
de son corps, afin de l'incarner et lui redonner
vie.
Qu'il cherche les chemins intérieurs du
mouvement pour éveiller son imaginaire,
avant de se laisser prendre par les images que
Malkovsky, en son temps, a
privilégiées pour construire sa
danse.
«
Danser, c'est vivre comme l'arbre pousse,
comme la rivière coule,
comme souffle le vent,
avec la même justice, la même
simplicité, la même droiture
».
La
gestuelle, le style et la recherche formelle
révèlent une danse du début
du siècle.»