«
Faut-il écrire la danse ?
Oui :
l'examen des possibilités qu'offrent les
différentes manières (orale,
écrites, audio-visuelle) utilisées
pour transmettre, conserver et étudier la
danse montre qu'une transcription est
irremplaçable et donc indispensable sans
vouloir rejeter les autres
procédés qui ont leur
utilité.
D'un
emploi très souple, la
Cinétographie Laban (Labanotation)
apporte une solution pratique parce qu'elle
est conçue pour répondre aussi
bien à la simplicité, qu'à
la complexité de l'analyse et de la
transcription.
Le
système Laban utilise un signe de base
qui contient à lui seul de nombreuses
informations : la direction du mouvement,
l'instant où il commence et celui
où il se termine, sa durée,
l'espace parcoru et donc la vitesse voulue. Ce
signe s'inscrit dans les colonnes de la
portée où le début et la
fin du mouvement, sa durée sont
précisément indiqués et
repérés en fonction des mesures de
la partition musicale.
Grâce
aux lignes verticales de la portée,
placées symétriquement de part et
d'autre d'une ligne médiane figurant le
plan de symétrie (du corps) , il est
possible de suivre en continu le mouvement des
différents segments des parties gauche et
droite du corps, et de voir les
déplacements de celui-ci, puisque chaque
modification d'appui (transfert de poids)
s'inscrit dans les colonnes centrales.
Un
cinétogramme se lit de bas en
haut.
Un
coup d'il horizontal suffit pour
repérer les parties du corps en mouvement
et voir la simultanéité de leurs
actions. Cette lecture transversale donne le
moment du mouvement. Un balayage visuel vertical
montre le déroulement du mouvement et des
parties de corps.
Les
développements, longitudinal et
latéral de la portée, permettent
d'avoir toujours présentes sous les yeux
les coordonnées spatiales et temporelles
du mouvement en cours, par rapport à la
découpe métrique de
l'accompagnement musical.
Il
existe certes d'autres approches d'analyse qui
apportent chacune d'autres regards, d'autres
aspects, mais la Cinétographie Laban
donne la possibilité de constituer une
"littérature" de la danse et de tout
autre mouvement organisé, de premettre la
"reconstruction" de ces textes, comme en
témoignent aujourd'hui les reprises de
plus en plus nombreuses d'uvres
chorégraphiques faites à partir
des partitions.»
«
Ce n'est pas un hasard si ce système
d'analyse et de reconstruction du mouvement
s'est progressivement répandu dans le
monde entier.
On
ne dira jamais assez que, si les moyens
audio-visuels apportent une "image"
immédiate, une impression d'ensemble, ils
ne permettent pas la mise à plat d'un
style, d'une composition chorégraphique,
d'une analyse structurelle. Ils fournissent une
mémoire globale dont l'utilisatipon reste
subjective. La mémoire proposée
par un texte est objectivement organisée
et laisse à l'interprète le choix
de sa compréhension.»
Extraits
de textes de Jacqueline Challet-Haas parus
dansla revue Marsyas (juin 1988) et Nouvelles de
Danse N° 25 : dossier autour de Rudolf
Laban .
Pour
plus d'information voir le site :
http://notation.free.fr
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